Wednesday, April 25, 2012

Colloque international L'Historiographie tardo-antique et la transmission des savoirs, Université d'Angers, 31 mai - 1er juin 2012


Source : Site du colloque.

Sans doute, comme vient de l’écrire récemment D Meyer, l’historiographie est-elle l’un des genres littéraires les plus caractéristiques, les plus innovateurs peut-être de l’Antiquité tardive (ici considérée comme s’étendant du IVe au VIIe s). A travers la diversité de ses formes (Res gestae, Histoires ecclésiastiques, chroniques ou encore Vies de saints), la nature de ses visées démonstratives (histoire profane/ histoire confessante), la variété des langues de composition et/ou de conservation (grecque, latine ou syriaque surtout), l’œuvre historiographique vise à doter la culture spécifique des lecteurs en la nourrissant de l’expérience, recueillie et interprétée, du passé. A cet égard, l’un de ses enjeux est donc de circonscrire, sélectionner et médiatiser les connaissances plus anciennement élaborées pour que leur utilité, réelle ou supposée, puisse être actualisée en fonction de besoins nouveaux assignés au temps vécu. Un tel dessein s’articule aussi à la nécessité d’introduire les changements de sens motivés par la transformation du rapport aux cadres mêmes de la pensée (temps, espace, régime …) A l’examen de ce souci principal, qui embrasse les différents champs du savoir (depuis les sciences naturelles jusqu’à la théologie en passant par la politique) l’on peut distinguer quatre modi procedendi principaux qui caractérisent les ouvrages qui nous sont transmis en totalité ou de façon fragmentaire:

1) la préservation de la documentation précédente (logique d’insertion des pièces)
2) la conservation de passages d’ouvrages précédents (logique compilatoire)
3) la confrontation avec des affirmations jugées erronées ou boiteuses (logique de réfutation, de correction ou de complément),
4) La mise en évidence de savoirs nouveaux censés réduire au silence les connaissances alternatives jugés trop solidaires des schèmes anciens d’explication du monde (logique d’exclusion).
C’est donc à l’étude de ces stratégies et de ces objectifs narratifs souvent antagonistes que nous vous convions à participer, afin de mieux mettre en évidence comment s’élaborent, interagissent ou s’ignorent des représentations informées du devenir du cosmos et de la marche des hommes.
Les organisateurs Philippe Blaudeau, Professeur d’histoire romaine Université d’Angers/Institut Universitaire de France/CERHIO (UMR 6258) Peter Van Nuffelen, professeur d’histoire de l’Antiquité tardive (Université de Gand). Les langues de communication pourront être le français, l‘anglais, l’italien, l’allemand ou l’espagnol. Une publication des actes est prévue.

PROGRAMME

Jeudi 31 mai : accueil 9h30

10h    – PHILIPPE BLAUDEAU (Université d’Angers, France), Introduction

I ) SE DOCUMENTER POUR TRANSMETTRE : LA QUESTION DES SOURCES
Présidence PETER VAN NUFFELEN
10h30 – FEDERICO FATTI (Université de Pérouse, Italie), L’historien qui sélectionne: Sozomène et Eustathe de Sébaste.
11h    – DOMINIC MOREAU (Université de Strasbourg, France), Les actes pontificaux en tant que source des historiens et chroniqueurs de l’Antiquité tardive.
11h30 – ANDY HILKENS, (Université de Gand, Belgique), The Anonymous Syriac Chronicle of 1234 and its sources for Pre-Christian Times.

II) S’IDENTIFIER POUR TRANSMETTRE ? LOGIQUES D’APPARTENANCE ET PROJET HISTORIOGRAPHIQUE
Présidence PHILIPPE BLAUDEAU
14h30 – ALBERTO CAMPLANI (Université de Rome-La Sapienza, Italie), La question de l'identité religieuse dans l'historiographie ecclésiastique égyptienne entre IVe et VIe siècles.
15h    – GEOFFREY GREATREX (Université d’Ottawa, Canada), Théodore le Lecteur et l’histoire profane dans l’historiographie écclésiastique au VIe siècle.
Pause

III) COMPOSER POUR TRANSMETTRE : AUTOUR DE LA NATURE DES GENRES HISTORIOGRAPHIQUES.
16h    – RAMON TEJA (Université de Camtabrie-Santander, Espagne), La Vita di Porfirio di Marco il Diacono: storia o invenzione letteraria?
16h30 – GIUSTO TRAINA (Université de Paris-Sorbonne, France), Tradition  et innovation dans la première historiographie arménienne.
17h    – THOMAS DESWARTE (Université d’Angers, France), L'Historia Wambae de Julien de Tolède

Vendredi 1er juin

IV) PENSER L’HÉRITAGE Á TRANSMETTRE : LE STATUT DES CONNAISSANCES ISSUES DES SAVOIRS ANCIENS
Présidence JEAN-MICHEL MATZ
9h    – DORIS MEYER (CNRS, UMR 7044), Débat cosmologique et discours historique chez Philostorge.
9h30 – UMBERTO ROBERTO (Université Europea Rome, Italie), Cronaca universale cristiana e sapienza pagana : Giovanni Malala e Giovanni di Antiochia.
Pause

V) MODÉLISER POUR TRANSMETTRE : FIGURES ET CONTRE-FIGURES PASSÉES DE L’AUTORITÉ DANS LES RÉCITS HISTORIOGRAPHIQUES
10h30 – FRANCESCA  P. BARONE (Université de Toulouse, France),  EDITH PARMENTIER (Université d’Angers, France), L'élaboration de l’histoire du règne d’Hérode et sa transmission dans l’Antiquité tardive.
11h   – PATRICIA GAILLARD-SEUX (Université d’Angers, France), Le portrait physique des empereurs dans l’Histoire Auguste 
11h30 – OLIVIER HUCK (Université de Strasbourg, France), Constantin, législateur chrétien. Naissance et diffusion d'un topos d'Eusèbe de Césarée à Sozomène.
Déjeuner
Présidence GEOFFREY GREATREX
14h    – ECKHARD WIRBELAUER (Université de Strasbourg, France), La riche mémoire d'un évêque de Rome méconnu, Silvestre
14h30 – TIMO STICKLER (Université d’Iéna, Allemagne) , Olympiodor und Constantius III.
15h     – AVSHALOM LANIADO (Université de Tel-Aviv, Israël), Jean d’Antioche et les débuts de la révolte de Vitalien.
Pause

VI) AFFRONTER LA DURÉE POUR TRANSMETTRE : LA POSTÉRITÉ DE L’HISTORIOGRAPHIE TARDO-ANTIQUE
16h    – BRUNO BLECKMANN (Université de Düsseldorf, Allemagne), Photius et l'historiographie de l'antiquité tardive.
16h30 – PETER VAN NUFFELEN (Université de Gand, Belgique), Conclusions

Comité d’organisation :
Philippe BLAUDEAU, professeur d’Histoire romaine, Université d’Angers, CERHIO UMR 6258
Patricia GAILLARD, MCF Histoire ancienne, Université d’Angers, CERHIO UMR 6258
Edith PARMENTIER, MCF Histoire ancienne, Université d’Angers, CERHIO UMR 6258
Peter VAN NUFFELEN, Professeur d’Histoire ancienne, Université de Gand, Belgique

Comité scientifique :
Philippe BLAUDEAU, professeur d’Histoire romaine, Université d’Angers, CERHIO UMR 6258
Ramon TEJA, professeur d’Histoire ancienne, Université de Santander, Espagne
Giusto TRAINA, professeur d’Histoire romaine, Université de Paris IV Sorbonne,
UMR 8167, Orient et Méditerranée, Monde byzantin.
Peter VAN NUFFELEN, professeur d’Histoire ancienne, Université de Gand, Belgique.
Eckhard WIRBELAUER, professeur d’Histoire romaine,  Université de Strasbourg,
UMR 7044, Étude des civilisations de l’Antiquité.

Centre de Recherche Historique de l’Ouest-Angers
Maison des Sciences Humaines
5 bis, boulevard Lavoisier
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